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Tachkent, le premier août

Posted by admin on Aug 6, 2010 in Asie centrale, Enseignement, Tachkent

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A Tachkent, le premier août est une date un peu spéciale chaque année. Bien sûr ils ne fêtent pas la  fête nationale suisse, mais c’est le jour des examens d’entrée à l’université. Autour de la porte d’entrée de ces instituts, les parents, amis attendent avec impatience la sortie de leur fils ou fille, ou amis. Mais les résultats ne seront pas connus avant une dizaine de jours, de plus, d’autres critères nettement plus matériels ont une importance beaucoup plus grande que les réponses aux questions que les étudiants ont faites. En effet, la corruption est aussi très présente dans l’enseignement car les enseignants et professeurs sont extrêmement mal payés. Cela a commencé avec l’indépendance et  on arrive donc à une génération d’étudiants qui a toujours “réussi” ses examens en payant. Il y a des exceptions bien sûr. D’ailleurs l’enjeu de ces examens est élevé, car entre 30 et 50 % des meilleurs étudiants vont pouvoir suivre gratuitement leur formation universitaire (sur le budget de l’état) dans chaque faculté, et ceux qui viennent ensuite, devront s’il sont acceptés, payer leur formation, ce qui n’est pas dans le domaine de la corruption. Des réformes sont en cours, car actuellement, un étudiant ne peut se présenter que dans une faculté et doit attendre une année pour se présenter ailleurs. Les examens sont des QCM, dans différentes branches, qui sont corrigés électroniquement. Certaines facultés, comme la diplomatie est extrêmement difficile d’accès et le nombre de points à obtenir pour y être admis est plus élevé que pour les autres facultés. De plus cette faculté est très prisée par les oligarques ouzbeks qui essaient de placer dans cette filière leurs rejetons.

Mais il semble que les aides illicites durant les examens sont souvent possibles en contrepartie de financement individuel ou collectif du surveillant, voir des enseignants. Certaines mesures sont prises officiellement par le gouvernement pour lutter contre la tricherie, comme l’annonce du blocage, pendant les heures des examens des connections SMS ou internet des différentes compagnies de téléphonie mobile. Mais certains pensent que c’est un leurre et que les connections fonctionnent quand même.

Le dimanche, c’est aussi un jour de bazar.  Je suis allé au bazar du dimanche qui se trouve au sud de la ville et on y trouve de tout, de la baignoire, au treuil mécanique, des théières aux casseroles…et bien sûr beaucoup de monde…Il y a même quelques bouquinistes, car cela est un autre problème ici, il n’y a qu’une librairie ici à Tachkent, pour une ville de 2,5 mio. d’habitants et quelques bouquinistes. est-ce la réforme de l’alphabet (passage de l’alphabet cyrillique vers l’alphabet latin) qui a engendré cette situation ? Les nouveaux livres ne sont pas encore complètement imprimés et les personnes âgées ne veulent pas apprendre le nouvel alphabet. Les jeunes sont ainsi obligés de connaître les 2 alphabets afin de pouvoir également accéder aux anciens livres. Une situation qui engendrera un augmentation de l’analphabétisme …

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Echange d’étudiants en architecture-urbanisme entre Versailles et Tachkent

Posted by admin on Apr 15, 2010 in architecture, Enseignement, Tachkent

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La France essaie de développer des échanges entre les universités ouzkèkes et françaises et une première collaboration s’est déroulées ces derniers jours à Tachkent. Une quinzaine d’étudiants de l’Ecole nationale supérieure de Versailles ont passé deux semaines dont une dizaine de jours sur un projet en collaboration avec des étudiants de l’Institut d’architecture de Tachkent.

En novembre les deux enseignants étaient venus faire une première enquête pour choisir le quartier d’analyse en discussion avec leurs collègues ouzbèks. Ils se sont intéressés au quartier de Chilanzar, au sud-ouest de la ville, un quartier intéressant qui a été rebâti en grande partie après le grand tremblement de terre de 1966 et qui contient tous les éléments spécifiques d’une ville orientale “soviétisée”.

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Les étudiants se préparent pour aller sur le terrain

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Le quartier de Chilanzar au sud-ouest de la ville de Tachkent

Les étudiants, en compagnie de leurs enseignants avaient préparé et étudié l’urbanisme oriental et plus particulièrement Tachkent. L’institut d’architecture de Tachkent a déjà depuis plusieurs années de collaborations avec les universités allemandes.

Dans un premier temps les étudiants répartis en plusieurs groupes devaient analyser les fonctions du quartier de Chilanzar, décrire les bâtiments principaux, comprendre le mode d’organisation y compris les réseaux viaires et les canaux. A partir de leurs observations, ils devaient s’intéresser à une problématique qu’ils vont développer à leur retour à Paris et proposer un projet d’amélioration. Un groupe, lors de la présentation du travail commun a proposé de réorganiser les berges d’un des canaux et de construire un pont pour que les habitants puissent passer plus facilement d’une berge à l’autre.

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Une matinée de conférence des enseignants ouzbeks et français afin que chacun puisse présenter son point de vue. L’idée des architectes européens est de rénover des bâtiments en changeants éventuellement de fonctions, mais pas de détruire complètement , pour des questions économiques , mais aussi pour garder dans la mémoire collective le souvenir de l’ancienne architecture. Ici en Ouzbékistan, la tendance est plutôt inverse, on “rase” et on reconstruit, car c’est la solution la plus économique et souvent on veut justement oublier le passé.

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Les étudiants sur le terrain en discussion avec un enseignant

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Le quartier de Chilanzar est un quartier d’habitation avec beaucoup de zones vertes.

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Le travail d’analyse et la préparation de la présentation

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La présentation se fait devant les enseignants et les étudiants

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Un exemple d’une analyse faite par les étudiants

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C’est déjà l’heure de faire les dernières photos

Dans une année, une quinzaine d’étudiants ouzbeks vont se déplacer en France pour réaliser également un projet sur une ville ou un quartier français et apprendre les méthodes de formation françaises. Mais d’ici là beaucoup de travail attend les étudiants car ils devront apprendre la langue de Molière afin de profiter au maximum de leur stage.

 
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Visite d’un collège professionnel à Chirtchik près de Tachkent

Posted by admin on Apr 1, 2010 in Enseignement, Ouzbékistan, Tachkent

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En tant qu’enseignant dans une école professionnelle, je souhaitais visiter un établissement scolaire en Ouzbékistan. Or la Coopération Suisse en Ouzbékistan a un programme concernant la formation professionnelle qui s’appelle Skills Development Project. Je suis allé voir le responsable de ce projet à Tachkent qui m’a expliqué quels en étaient les buts. Ce projet a été mis en place à partir de 2004. Dans un premier temps, les métiers visés étaient ceux dont le marché avait le plus besoin. De plus les étudiants sont formés pour cinq professions très proches afin que les étudiants puissent trouver un emploi de manière aussi souple que possible.

Le système scolaire est organisé de la manière suivante: 9 ans de scolarité de base, puis 3 ans soit dans un “lycée académique” (qui correspond au gymnase) ou 3 ans dans un collège (école professionnelle). A la fin de cette formation, chaque étudiant qu’il ait suivi le lycée ou le collègue peut se présenter aux examens d’entrée à l’université.

Actuellement le projet se trouve dans la deuxième phase.

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Après avoir expliqué le but de ma visite, une demande au ministère a été faite qui  donné l’autorisation de la visite du collège de Chirchik qui se trouve à 40 min. de Tachkent en direction du nord-est. Il est à remarquer que le gouvernement ouzbèk investit énormément d’argent dans la construction de bâtiments scolaires. Plus de 600 nouveaux collèges ont été bâtis ces dernières années et tous les autres ont été rénovés. Certes les bâtiments se ressemblent souvent, mais le fait est que les conditions pour la formation des jeunes sont assez bonnes.

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Vue du bâtiment

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C’est aussi dans ce cadre, que le projet suisse a aidé plusieurs collèges en équipant des salles avec du matériel moderne. Voici quelques exemples:

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Une salle de conférence

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Machine pour des thèmes liés à l’enseignement de l’automatique

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Une salle de chimie car il y aune formation de chimiste pour l’usine qui se trouve à quelques kilomètres de Chirlik.

Mais la formation principale est liée aux métiers d’électricien et d’automaticiens.

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Une nouvelle formation en liaison avec des métiers en informatique vient d’être ouverte

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La nouvelle salle d’informatique

Mais ce projet ne se “réduit” pas à l’apport de matériel, c’est un changement dans la formation professionnelle qui a été mis en place en se basant sur les expériences faites en Suisse et en Allemagne. Avant il n’y avait aucun contact avec les entreprises et aucun stage en entreprise. C’est sur ces deux points que l’effort a porté. Dès la première année les étudiants font un stage dans l’entreprise. Lors des examens en 3eme année, le jury est maintenant principalement formé d’experts venant des entreprises formatrices.

Un autre élément nouveau, la formation de centres régionaux de compétences qui s’occupent de formation continue. Là aussi une collaboration entre l’office de chômage local, l’entreprise et l’école permet à des chômeurs de suivre une formation rapide, en ayant déjà un contrat en poche lors de l’inscription à ces cours. Parallèlement cela permet également aux enseignants dans ces centres d’améliorer leur salaire et d’éviter la fuite des gens qualifiés vers des entreprises privées où les salaires sont plus élevés.

Sous la conduite de ce projet et en collaboration avec le ministère de la formation, plus de 130 brochures pédagogiques, principalement en russe, ont été réalisées. J’ai pu consulter quelques unes de ces brochures, dont celle sur la création d’entreprise, une thématique qui me paraît très importante en Ouzbékistan, même si dans la réalité, il est difficile de trouver des fonds pour se lancer. Les brochures sont pleines d’exemples pratiques et bien illustrées, avec des exercices.

Le jour de ma visite, les étudiants étaient à la fête du Novruz dans le village de Chirchik. Mais j’espère revenir ici, ou dans un autre collège, d’ici la fin de mon séjour.

Une version de ma visite sous forme de vidéo.

Où l’on voit l’enthousiasme du directeur et une enseignante ouzbèke qui explique (en ouzbèke) le fonctionnement d’une machine en automatique.

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